Korhogo, dimanche 20 juin 2010
Les nouvelles du dernier trimestre à Korhogo
Oui, c’est déjà fini. Partir, c’est mourir un peu…Le temps s’accélère. Nous voulons profiter au maximum des derniers moments, et en même temps bien sûr nous ne serons pas mécontents de retrouver la vie européenne, et surtout la famille et les amis !
Pâques à Baouké, Tiassalé, et Dwékoué
A Pâques, nous avons pris la voiture des salésiens et avons fait un grand tour en Côte d’Ivoire. Cela nous a fait du bien de prendre la poudre d’escampette et de voyager sans les contraintes d’un bus surbondé. Nous nous sommes arrêtés dans un premier temps chez les bénédictines de Bouaké et avons fêté Pâques avec elles. Les sœurs sont très ouvertes et ont un accueil particulièrement chaleureux : nous invitons tous ceux qui veulent prendre un temps de retraite à s’arrêter chez elles.
Puis le lundi de Pâques, nous avons rejoint la petite communauté de sœurs de Saint Joseph, dont la maison mère est à St Péray. Nous avons été accueilli par Marie Paule et Solange, toutes deux venant de notre région ardéchoise. Solange est présente depuis plus de 7 ans et entretient l’espace communautaire qui sert de foyer pour des jeunes filles étudiantes. Marie Paule l’a rejoint depuis un an. Nous avons passé une soirée chaleureuse à la bougie, pour cause de délestage, à se donner des nouvelles, une après midi à la prison de Tiassalé où la communauté catholique offrait un repas aux prisonniers. Puis nous avons rejoint leurs sœurs à la communauté de Taboo près d’un grand barrage hydroélectrique où là elles ont ouvert un centre pour aider les enfants déscolarisés. Ce centre sert de sas avant qu’ils ne puissent revenir à une scolarisation normale dans les écoles du village.
Nous avons poursuivi notre tournée plus à l’ouest pour faire étape au lycée professionnel salésien de Dwékoué. Les pères et les sœurs salésiennes très accueillants nous ont expliqué leur travail, présenté leurs ateliers de formation : la pâtisserie, les plantations mais aussi leurs difficultés pour sensibiliser les jeunes et les parents de la nécessité de se former pour développer le pays, notamment en agriculture. Cette région a particulièrement souffert de la crise où les ethnies se sont affrontées entre elles. La ville de Man à 100 km au nord, une très grande ville, se trouve isolée du reste du pays et vivote.
La visite du 42
Nous avons repris la voiture fin avril pour aller rejoindre à Bobo Dioulasso au Burkina Faso Françoise, Paul et Noé Michalon et Ghislaine, Dominique Perrin nos voisins du 42 (nom de notre maison commune aux trois familles depuis près de 25 ans). Nous avons visité plusieurs projets : un ami de Françoise qui s’est lancé dans un élevage de poulets à grande échelle et un autre projet soutenu par l’association ASAP fondé par Hervé Millet, un ami avec qui j’ai travaillé à Imaje. ASAP a mis en place une dizaine d’écoles dans les villages environnants Bobo pour soutenir la scolarisation des enfants. Le soir nous avons été accueillis par une dame qui trie le fonio. Sur le chemin de retour vers Korhogo, nous nous sommes arrêtés à un village qui produit du fonio et avons visité les belles cascades de Banfora.
A Korhogo, Paul, Françoise, Noé, Dominique et Ghislaine ont découvert Don Bosco et l’UGAN. Noé a pu rencontrer les élèves en classe et les jeunes du foyer. A l’UGAN nous avons pu visiter Waranniené (les tisserands) et Fakaha (les toiles) et finir par une réunion à l’UGAN pour redonner une impulsion avec Solidar’Monde (la centrale d’achat de la Fédération d’Artisans du Monde). Ils sont repartis très contents de leur bref séjour et ont pu gouter aux désagréments des cars vétustes de la Côte d’Ivoire (à comparer aux cars burkinabé plus Class !!).
Visite d’une unité de transformation de la noix de cajou
Nous avons enfin trouvé des décortiqueuses de noix de cajou à Karakoro un petit village distant de 15 km au sud de Korhogo.
Cette coopérative de femmes s’est lancée dans
l’aventure avec le soutien des coopérateurs COPABO de Bondoukou qui vende une partie de leur production à la centrale d’achat ETHIQUABLE. Nous avons
rencontré des femmes bien sympathiques, qui ne parlaient que de bio, le sucre est bio, la noix est bio, tout était bio. Donc elles avaient bien compris le message de COPABO. Depuis nous avons
bien discuté avec Fanta la coordinatrice pour faire la promotion de la noix de cajou mais aussi comment promouvoir les autres fruits : le jus de la pomme de la noix de cajou (soit 9 fois
plus de Vitamine C qu’une orange), le zama avec qui ont fait un jus délicieux et bien d’autres fruits….
Sortie avec une ONG, l’ARK, association rurale de Korhogo
Très proche de chez nous, mais nous n’avions
pas encore pris le temps d’aller les rencontrer. Nous sommes allés dans un village voir un projet de construction de puits pour un groupement de femmes faisant du maraichage…
On a beaucoup pensé à Benoit en voyant fonctionner cette association, qui aurait besoin d'un conseiller agricole en maraichage.
Le collège et la fin des cours
Relatons une petite péripétie qui nous est arrivé en rentrant d’une journée de rencontres entre notre collège et celui de
Ferké : Sylvie et moi accompagnions les élèves de 2nde et 1ère en car. Le car bondé, les enfants excités d’avoir passé une bonne journée, la chaleur, les filles qui
habituellement ont de l’asthme sont tombées comme des mouches. Les 50 km qui séparent Ferké de Korhogo nous ont apparu très longs. Nous n’avions pas moins de 4 filles à aider à respirer, à
hydrater, à calmer. Mais heureusement aucune n’est tombée inanimée, on a eu chaud !!!
L’année scolaire s’est terminée très vite, avec une fête du collège très réussie avec pour thème la culture traditionnelle. Les élèves ont bien joué le jeu, ils étaient en habits traditionnels. Il y a eu une conférence sur la culture sénoufo et il y avait plein de questions à la fin. Ils sont à la charnière de la tradition et de la modernité, et ils n’ont pas souvent l’occasion d’en parler, même en famille.
Et le projet informatique ?
Fin juin, un professeur d’université travaillant sur les logiciels libres avec son ami ayant quelques entrées au gouvernement sont venus avec des journalistes faire un film sur notre installation informatique, exceptionnelle pour la côte d’ivoire, bien décidés d’étendre le projet à d’autres établissements. Ils devraient en tout cas aider le collège à la maintenance du matériel et à son bon fonctionnement, ce qui est très important pour nous.
Nous savons aussi que la DCC envoie des remplaçants, une prof de math et un informaticien, donc on n’a pas souci pour la pérennisation de ce que nous avons installé !
Les "Au revoir"
Et maintenant on se prépare à « quitter » comme ils disent, on commence à dire « Wapié Tchanga » qui sait ! Beaucoup ont tenu à nous remercier personnellement, aussi bien des élèves que d’autres personnes. Ce sont souvent les gestes les plus simples qui sont les plus touchants.
C’est comme souvent quand on commence à « faire notre trou » qu’il faut partir…
Nous quittons le territoire ivoirien mais nous ne quittons pas l’Afrique, nous allons passer le mois de Juillet à visiter un bout du Burkina, du Bénin et rejoindre notre fils Benoit qui développe un beau projet agricole au nord de Bangui. Le retour est prévu pour début Août.
A bientôt donc pour les amis français, au revoir à nos amis ivoiriens et merci pour votre accueil et votre gentillesse. Que Dieu vous préserve vous et vos familles et viennent en aide à la Côte d’Ivoire.
