Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 19:15

 

Korhogo, dimanche 20 juin 2010


 Les nouvelles du dernier trimestre à Korhogo

 

Oui, c’est déjà fini. Partir, c’est mourir un peu…Le temps s’accélère. Nous voulons profiter au maximum des derniers moments, et en même temps bien sûr nous ne serons pas mécontents de retrouver la vie européenne, et surtout la famille et les amis !

 

Pâques à Baouké, Tiassalé, et Dwékoué

 

A Pâques, nous avons pris la voiture  des salésiens et avons fait un grand tour en Côte d’Ivoire. Cela nous a fait du bien de prendre la poudre d’escampette et de voyager sans les contraintes d’un bus surbondé. Nous nous sommes arrêtés dans un premier temps chez les bénédictines de Bouaké et avons fêté Pâques avec elles. Les sœurs sont très ouvertes et ont un accueil particulièrement chaleureux : nous invitons tous ceux qui veulent prendre un temps de retraite à s’arrêter chez elles.

Puis le lundi de Pâques, nous avons rejoint la petite communauté de sœurs de Saint Joseph, dont la maison mère est à St Péray. Nous avons été accueilli par Marie Paule et Solange, toutes deux venant de notre région ardéchoise. Solange est présente depuis plus de 7 ans et entretient l’espace communautaire qui sert de foyer pour des jeunes filles étudiantes. Marie Paule l’a rejoint depuis un an. Nous avons passé une soirée chaleureuse à la bougie, pour cause de délestage, à se donner des nouvelles, une après midi à la prison de Tiassalé où la communauté catholique offrait un repas aux prisonniers. Puis nous avons rejoint leurs sœurs à la communauté de Taboo près d’un grand barrage hydroélectrique où là elles ont ouvert un centre pour aider les enfants déscolarisés. Ce centre sert de sas avant qu’ils ne puissent revenir à une scolarisation normale dans les écoles du village.

Nous avons poursuivi notre tournée plus à l’ouest pour faire étape au lycée professionnel salésien de Dwékoué. Les pères et les sœurs salésiennes très accueillants nous ont expliqué leur travail, présenté leurs ateliers de formation : la pâtisserie, les plantations mais aussi leurs difficultés pour sensibiliser les jeunes et les parents de la nécessité de se former pour développer le pays, notamment en agriculture. Cette région a particulièrement souffert de la crise où les ethnies se sont affrontées entre elles. La ville de Man à 100 km au nord, une très grande ville, se trouve isolée du reste du pays et vivote.

 

La visite du 42                                                                    IMGP0067.JPG

 Nous avons repris la voiture fin avril pour aller rejoindre à Bobo Dioulasso au Burkina Faso Françoise, Paul et Noé Michalon et Ghislaine, Dominique Perrin nos voisins du 42 (nom de notre maison commune aux trois familles depuis près de 25 ans). Nous avons visité plusieurs projets : un ami de Françoise qui s’est lancé dans un élevage de poulets à grande échelle et un autre projet soutenu par l’association ASAP fondé par Hervé Millet, un ami avec qui j’ai travaillé à Imaje. ASAP a mis en place une dizaine d’écoles dans les villages environnants Bobo pour soutenir la scolarisation des enfants. Le soir nous avons été accueillis par une dame qui trie le fonio. Sur le chemin de retour vers Korhogo, nous nous sommes arrêtés à un village qui produit du fonio et avons visité les belles cascades de Banfora.

A Korhogo, Paul, Françoise, Noé, Dominique et Ghislaine ont découvert Don Bosco et l’UGAN. Noé a pu rencontrer les élèves en classe et les jeunes du foyer. A l’UGAN nous avons pu visiter Waranniené (les tisserands) et Fakaha (les toiles) et finir par une réunion à l’UGAN pour redonner une impulsion avec Solidar’Monde (la centrale d’achat de la Fédération d’Artisans du Monde). Ils sont repartis très contents de leur bref séjour et ont pu gouter aux désagréments des cars vétustes de la Côte d’Ivoire (à comparer aux cars burkinabé plus Class !!).

 

Visite d’une unité de transformation de la noix de cajou

Nous avons enfin trouvé des décortiqueuses de noix de cajou à Karakoro un petit village distant de 15 km au sud de Korhogo. 

IMGP0264Cette coopérative de femmes s’est lancée dans l’aventure avec le soutien des  coopérateurs COPABO de Bondoukou qui vende une partie de leur production à la centrale d’achat ETHIQUABLE. Nous avons rencontré des femmes bien sympathiques, qui ne parlaient que de bio, le sucre est bio, la noix est bio, tout était bio. Donc elles avaient bien compris le message de COPABO. Depuis nous avons bien discuté avec Fanta la coordinatrice pour faire la promotion de la noix de cajou mais aussi comment promouvoir les autres fruits : le jus de la pomme de la noix de cajou (soit 9 fois plus de Vitamine C qu’une orange), le zama avec qui ont fait un jus délicieux et bien d’autres fruits….

 

 

 

 

Sortie avec une ONG, l’ARK, association rurale de Korhogo

 

IMGP0120.JPGTrès proche de chez nous, mais nous n’avions pas encore pris le temps d’aller les rencontrer. Nous sommes allés dans un village voir un projet de construction de puits pour un groupement de femmes faisant du maraichage…

On a beaucoup pensé à Benoit en voyant fonctionner cette association, qui aurait besoin d'un conseiller agricole en maraichage.

 

 

 

 

 

 

Le collège et la fin des cours

  IMGP0312 Relatons une petite péripétie qui nous est arrivé en rentrant d’une journée de rencontres entre notre collège et celui de Ferké : Sylvie et moi accompagnions les élèves de 2nde et 1ère en car. Le car bondé, les enfants excités d’avoir passé une bonne journée, la chaleur, les filles qui habituellement ont de l’asthme sont tombées comme des mouches. Les 50 km qui séparent Ferké de Korhogo nous ont apparu très longs. Nous n’avions pas moins de 4 filles à aider à respirer, à hydrater, à calmer. Mais heureusement aucune n’est tombée inanimée, on a eu chaud !!!

L’année scolaire s’est terminée très vite, avec une fête du collège très réussie avec pour thème la culture traditionnelle. Les élèves ont bien joué le jeu, ils étaient en habits traditionnels. Il y a eu une conférence sur la culture sénoufo et il y avait plein de questions à la fin. Ils sont à la charnière de la tradition et de la modernité, et ils n’ont pas souvent l’occasion d’en parler, même en famille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et le projet informatique ?

 

Fin juin, un professeur d’université travaillant sur les logiciels libres avec son ami ayant quelques entrées au gouvernement sont venus avec des journalistes faire un film sur notre installation informatique, exceptionnelle pour la côte d’ivoire, bien décidés d’étendre le projet à d’autres établissements. Ils devraient en tout cas aider le collège à la maintenance du matériel et à son bon fonctionnement, ce qui est très important pour nous.

Nous savons aussi que la DCC envoie des remplaçants, une prof de math et un informaticien, donc on n’a pas souci pour la pérennisation de ce que nous avons installé !

 

Les "Au revoir"

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Et maintenant on se prépare à « quitter » comme ils disent, on commence à dire « Wapié Tchanga » qui sait ! Beaucoup ont tenu à nous remercier personnellement, aussi bien des élèves que d’autres personnes. Ce sont souvent les gestes les plus simples qui sont les plus touchants.

C’est comme souvent quand on commence à « faire notre trou » qu’il faut partir…

 Nous quittons le territoire ivoirien mais nous ne quittons pas l’Afrique, nous allons passer le mois de Juillet à visiter un bout du Burkina, du Bénin et rejoindre notre fils Benoit qui développe un beau projet agricole au nord de Bangui. Le retour est prévu pour début Août.

 

A bientôt donc pour les amis français, au revoir à nos amis ivoiriens et merci pour votre accueil et votre gentillesse. Que Dieu vous préserve vous et vos familles et viennent en aide à la Côte d’Ivoire.

 

Par SylPat
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 23:51

 

Korhogo, Mercredi 31 Mars 2009

 

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Salimata, élève pendant la Fête du Collège

Silence radio depuis 3 mois,

Ce n’est pas normal et vous aviez raison de nous le signaler pour certains d’entre vous ! Sans nous chercher des excuses, nous avons été occupés par beaucoup de choses et ralentis par d’autres…Et puis, nous n’en sommes plus à la phase de découverte comme l’an dernier, et ce qui nous étonnait au début devient plus familier… Mais la phase du bilan n’est pas encore tout à fait là et nous essayons de profiter des quelques mois qui restent…

Pour commencer par ce qui nous ralentit, la chaleur importante depuis février et beaucoup plus que l’an dernier…Nous sommes obligés de composer avec, tout comme avec les nombreuses coupures de courant pendant un mois et demi qui ont fait que les journées se sont raccourcies et qu’à partir de 18 h 30-19 h nous étions dans le noir.

 

Nos activités

Le projet informatique a pu voir une première étape de sa réalisation avec l’inauguration de la salle informatique qui a eu lieu fin janvier, en présence de Côte d’Ivoire Télécom, de la directrice de l’enseignement catholique et d’un représentant du maire de Korhogo à qui nous avons pu faire quelques petites démonstrations avec le tableau blanc interactif, dont nous sommes fiers. inauguration2.JPGUne bonne dynamique s’était installée au collège, et l’on voyait ça et là les professeurs partir faire leurs cours avec ordinateur portable et vidéo projecteur sous le bras. Je parle à l’imparfait puisque les « délestages » d’électricité survenus 15 jours après ont quelque peu coupé cet élan (Une panne sérieuse dans une des centrales du pays a réduit la production d’électricité) Il n’y avait pas d’électricité au collège la journée (mais le soir à partir de 18 h !) et les coupures successives et brutales ont quelque peu endommagé une partie du matériel, que Patrice est encore en train de réparer avec de pauvres moyens…

 

En janvier, Patrice a fait un break d’une semaine et est parti à une conférence sur le Volontariat salésien à Nairobi au Kenya. Il a pu échanger avec de nombreux volontaires travaillant en Afrique. Il était question de comment le volontaire peut apporter sa contribution à l’éducation aux droits de l’Homme. Cependant les débats se sont plus orientés sur comment aider les jeunes africains à devenir Volontaires. En fait il n’existe pas de structure africaine pour accompagner l’envoi d’Africains comme volontaires dans d’autres pays africains ou autres.

 

Les bons moments

ghanaplageEntre Noël et le Nouvel An, nous avons voyagé au Ghana,plus précisément au bord du golfe de Guinée dans un éco-village tenus par un couple anglais sympathique. Nous avons profité des très belles plages sauvages (les tortues de mer sortent le soir déposer leurs œufs dans le sable) dans un pays moins insécurisé que la Côte d’Ivoire. Cela nous a fait beaucoup de bien.

 

En février, nous avons accueilli pendant 15 jours Benoit puis nos filles,  leurs compagnons et la maman de Patrice. Quelle chance d’avoir pu tous se retrouver ici ! Nous avons vécu ensemble de bons moments qui resteront je pense gravés dans nos mémoires. Un grand merci à eux d’être venus, en particulier à Benoit qui a voyagé seul, et ce n’est pas simple de voyager en Afrique… Lucie, Sarah, et Nicolas n’avaient jamais mis les pieds en Afrique et Benoit et Arnold ont pu leur faire découvrir plein de choses. basiliquefamille.JPGSur le trajet Abidjan-Korhogo, nous avons pu visiter Yamoussoukro, la basilique, un barrage et faire de multiples petits marchés tout le long. balafon.JPGA Korhogo, nous avons pu leur faire

 

rencontrer quelques amis, visiter les villages alentour, les artisans et bien sur notre collège et les élèves du foyer où nous logeons. Au retour, nous avons pu apprécier les plages de Grand Bassam pour la dernière journée avant leur retour sur Paris.

Mais c’était le moment le plus chaud dans tous les sens du terme…une atmosphère particulièrement chaude aussi bien climatiquement que politiquement. Une vague de chaleur s’est brusquement installée à la Mi février (est-ce le contre coup des grands froids en Europe ?) Marithé qui pourtant a l’habitude de voyager manguesinematialivers des terres chaudes se ménageait pour ne pas prendre trop de coups de chaleur…politiquement, c’est à ce moment là qu’il y a eu les manifs les plus importantes, suite à la dissolution du gouvernement et de la commission électorale chargée d’organiser les élections. On ne savait pas trop comment cela allait tourner…Mais tout le monde est bien rentré, peut-être avec un peu de mal au ventre, et un peu du soleil de l’Afrique…

 Depuis 3 semaines environ, nous vivons mieux puisqu’il n’y a plus ces délestages, mais d’autres sont annoncés à partir du 12 Avril…Nous mesurons quand même la fragilité du pays, car cela entraine bien sûr un ralentissement de l’économie et de l’activité en général, une montée du mécontentement de la population et de l’insécurité.

poro&coriesDimanche dernier, nous avons pu assister dans un village à une manifestation traditionnelle sénoufo qui n’arrive que tous les 7 ans ! Les cycles d’initiation des jeunes garçons (le poro) sont de 7 ans, à la fin de chaque période, les anciens sortent du « bois sacré » et passent le relais à un nouveau groupe. Ils sont de plus en plus jeunes (c’était plutôt à partir de 14 ans) à cause de la scolarité. Ce sont surtout les costumes qui sont à voir (et ce jour là, on a le droit de prendre des photos). Pour le reste, ce en quoi consiste l’initiation, nous ne pouvons en savoir plus…

poromen

 

A bientôt pour de nouveaux récits. On essayera de ne pas attendre 3 mois pour écrire, car à ce moment là, on sera sur le point de quitter Korhogo…

 

 Joyeuses Fêtes de Pâques

 

 

Merci à tous ceux qui nous donnent des nouvelles, cela nous fait toujours très plaisir.

 

Par SylPat - Publié dans : nos decouvertes
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 19:16

Korhogo, dimanche 20 décembre 2009

 

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En France, ce sont les premières neiges et ici il fait bon !  Ce n’est pas la grippe qui nous fait tousser mais la poussière de l’Harmattan, le vent frais du Sahara qui envahit l’air de la Savane. Noël se prépare un peu un peu, quelques signes à la télévision, dans le rare magasin achalandé et surtout dans les paroisses… sinon, on ne remarque rien dans les rues, mais la crèche que nous avons faite ce matin nous le rappelle….

Le trimestre est terminé.

C’est l’heure des bilans pour les élèves. Il y a ceux qui travaillent et ceux qui ne font rien. Nous parlons avec eux de leurs difficultés. Les élèves sont sympathiques, mais sont quelquefois dans des situations familiales et matérielles difficiles.

Nous avons fait avec les jeunes une sensibilisation à la paix et la non-violence, tout cela est plus que jamais d’actualité. Il y a aussi au collège un club des droits de l’homme et de l’environnement très actif, qui profite de l’actualité, comme le sommet de Copenhague. Nous voulons leur montrer aussi que l’on peut être acteur de sa propre vie, de ne pas toujours subir ou attendre une hypothétique aide. Cela est vrai aussi pour les adultes.

Elections ivoiriennes : une approche ignacienne pour y aller préparés

La situation ici reste relativement calme, les élections sont reportées à une date indéterminée. Nous avons pu aborder le thème des élections aussi dans notre groupe CVX et mesurer combien ce n’est pas si évident d’accomplir son devoir de citoyens dans un pays où la démocratie est encore jeune et dans lequel il n’y a pas eu d’élections depuis près de 10 ans…

Le climat social reste cependant toujours difficile

Il y a notamment une grève dans  les hôpitaux qui a des conséquences dramatiques : pas de service minimum, donc des décès par suite de non-soins.

Un journal titrait « les fêtes de faim d’année », ce qui se passe de commentaire.

Tiken Jah à Korhogo : Soirée de Fête

Un jour, nous avons vu apparaitre des affiches de Tiken Jah Fakoly dans Korhogo (chanteur ivoirien de reggae bien connu en Europe) et 3 jours plus tard il se produisait ici, événement incroyable alors qu’il n’y a jamais de concert ! C’était un concert gratuit qui a duré plus de trois heures... cadeau à la jeunesse de Korhogo, et nous étions vraiment contents pour eux. Tiken Jah ne s’est pas privé de leur adresser entre ses chansons de nombreux messages (par rapport à leur avenir, au développement de l’Afrique : c’est à vous de prendre en main) Bref, ce fut une soirée inoubliable, sans incident, même si on a constaté une manière de faire un peu violente de la part des forces nouvelles au début. A la fin, c’était une vraie marée humaine qui s’est dispersée dans une ambiance très particulière…il avait réussi à les captiver vraiment…

Clin d’œil de La Terre Vivaroise :

terrevivaroise.JPG

Nous sommes à 50 km d’un prêtre ardéchois, le père Roger Debaud qui reçoit « l’hebdo de l’Ardèche », ce qui nous a permis de lire quelques nouvelles de St Péray et d’ailleurs… Mais inutile de vous dire que Patrice ne se prive pas de vanter l’Ardèche à la moindre occasion, donc il n’oublie pas son pays….

La fameuse remontée du Matériel du projet SODEVIE

Le Mercredi 18 novembre Patrice est descendu sur Abidjan pour retrouver Rémi et Alban les deux jeunes de l’ESISAR et le Père Carlos ORDUNA responsable des institutions Saint Viateur de Côte d’Ivoire et responsable du dédouanement et du déchargement des conteneurs. Le Jeudi 19 nov, nous avons récupéré pour les salésiens non sans difficulté un pickup bloqué par les douanes depuis 2 mois, puis les conteneurs affrétés par le FASV bloqués toujours par les douaniers, non contents de ne pouvoir taxer ce matériel.

conteneur-copie-1.JPG

 Le Vendredi matin 20 Nov, nous avons récupéré la palette d’ordinateurs neufs que Hewlett Packard n’a pas été foutu de livrer à temps au Havre. Résultat, un transport aérien couteux, non budgété et de nouvelles opérations de dédouanement fastidieuses qui ont couté de rester 5 heures sous un soleil de plomb aux douanes de l’aéroport. A ce moment là, Patrice peste contre cette corruption bien présente dans la société ivoirienne et contre l’incompétence de Hewlett Packard.

Le Samedi 21 Novembre, nous sommes partis tôt le matin en convoi avec notre pickup et deux camions chargés des ordinateurs avec la crainte d’essuyer de nombreux contrôles des autorités et d’éventuels coupeurs de route. Nous avions négocié en zone dite rebelle (Forces Nouvelles du premier Ministre Guillaume SORO, originaire de Ferké) un laisser passer pour toute la zone de Bouaké à Korhogo. Il nous a bien servi. Par contre, pour le transport entre Abidjan et Bouaké, nous n’avons pu obtenir l’escorte du cabinet militaire du premier Ministre G. SORO et donc nous sommes partis sans escorte. Apres une halte reposante samedi soir à Bouaké en compagnie du frère Léandre du Foyer Jeunes Viateur, nous avons repris sans encombre notre route le dimanche matin 22 Nov après transfert du matériel pour Korhogo et Ferké dans deux minibus.

Donc ce voyage nous a pris 5 jours, beaucoup de fatigue mais finalement à part les désagréments liés surtout  aux tentatives de racket de certaines administrations ivoiriennes, nous pouvons dire que nous avons eu bien de la chance d’avoir traversé le territoire sans encombre  entre 2 factions!!!

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Depuis maintenant quatre semaines, nous déployons les ordinateurs, le réseau au collège Don Bosco. Rémi et Alban ont mis en place des outils logiciels performants dignes des meilleurs réseaux informatiques pour l’Education. Et Orange Côte d’Ivoire Télécom qui a mis en place la liaison spécialisée espère Fin Janvier que nous montrions notre installation qui sert de pilote pour toute la zone nord de la Côte d’Ivoire.

Merci encore à Pierre FREGEAC du FASV qui a organisé l’expédition, au Père Carlos ORDUNA et sa patience malgré toutes les tracasseries des douanes, au Père Jean Didier SOHODOTE, directeur du collège Saint Viateur de Ferké et bien sûr à Rémi et Alban.

 

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JOYEUX NOEL ET BONNE ANNEE A TOUS !!!!!!

Par SylPat - Publié dans : nos decouvertes
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 22:25
Nous sommes repartis depuis maintenant 2 mois dans notre bonne ville de Korhogo. Ce n’est plus la phase de découvertes mais plutôt des rencontres, de réflexions sur ce que nous vivons. Fidèles à notre objectif de ce blog, nous vous présenterons cette fois-ci : Nos rencontres de ce début d’année de nouvelles têtes françaises : Marie-hélène qui travaille à l’ONUCI à surveiller les élections, les sœurs Xavières Monique et Agnès, nouvellement arrivées sur Korhogo, Rémi et Alban nos deux jeunes volontaires pour le projet informatique, sœur Janine avec son « champ ». Notre amitié renouvelée avec nos amis de l’UGAN qui reviennent d’une longue tournée de Suisse, d’Allemagne et de France (en terminant à Valence et Saint Péray) et de l’avancement de la rénovation des bâtiments de l’UGAN. Notre visite à Niofoin, beau village traditionnel sénoufo, connu par un film qui s’y est tourné (La victoire en chantant 1976 !!!).


Marie-Hélène

Marie-Hélène est depuis le 2ème trimestre 2008 sur Korhogo comme observatrice de l’ONUCI  pour le bon déroulement des élections. Nous ne nous étions encore jamais rencontrés… Cela fait déjà  plus d’un an et demi qu’elle est dans cette mission sans entrevoir la fin car les élections du 29 Novembre sont de nouveau reportées… En effet ils (la Commission Electorale Indépendante) n’arrivent pas à trouver pourquoi plus d’1 million de personnes manquent sur les listes historiques. Normal à mon sens, puisque les dernières élections ont eu lieu en 2000 et qu’à cette époque beaucoup d’ivoiriens, surtout les anciens, n’allaient pas voter par désintérêt du politique et que depuis, comme la population ivoirienne est très jeune, beaucoup de jeunes ivoiriens ont dépassé les 18 ans et se sont fait identifier. Ces nouveaux qui ne figurent pas sur ces listes historiques, sont donc vraisemblablement ivoiriens de souche. Ils veulent surtout obtenir  une carte d’identité à présenter devant les multiples postes de contrôle, et ainsi justifier qu’ils sont en règle. Les élections passent en deuxième préoccupation. Donc Marie-Hélène est chargée de veiller à ce que le processus électoral se déroule bien dans la zone de Korhogo. Elle travaille en équipe avec d’autres volontaires de l’ONU d’Espagne, du Canada, de Madagascar… Durant nos visites chez elle, nous avons pu rencontrer ses collègues, notamment un adjudant français qui vient de rentrer en France après 4 mois d’appui aux services techniques (ils sont encore 4 de la Licorne à Korhogo !). Souvent il titillait sa collègue sur l’utilité de l’ONUCI. C’est une vraie question tant leur efficience semble réduite. Nous vous en reparlerons dans le prochain numéro. 

CVX 

Nous avons donc recommencé nos réunions avec le groupe CVX. Cette année nous avons la chance d’avoir une nouvelle accompagnatrice Monique Lorrain (auteure du fascicule ignacien  « discerner »). Monique est sœur xavière depuis plus de 40 ans en Afrique. Une autre petite sœur Agnès a rejoint la communauté. Nous nous sentons toujours proches d’elles. De plus nous travaillons avec sœur Nicole la responsable de la Bibliothèque pour améliorer leur informatique et surtout l’accès à l’Internet pour constituer une bibliothèque numérique. 

Rémi, Alban et SODEVIE 

La transition est donc faite pour parler de Rémi et Alban, les deux jeunes volontaires de l’Esisar qui nous ont rejoints depuis le 11 Octobre sur Korhogo. En bref rappelons ce qu’est ce projet SODEVIE (Solidarité en DEVeloppement  de l’Informatique pour l’Education). Depuis près de 12 mois,  nous discutions de l’opportunité pour Rémi et Alban de venir apporter leur contribution à la mise en place de l’informatique et de liaisons haut débit pour l’Education au Collège Don Bosco. Ils voulaient prendre une année « sabbatique »  ou de « césure » comme on dit à l’INPG. Ils ont fini leur 4ème année à l’ESISAR, ils sont spécialistes en informatique et  réseau. Ils doivent rester 4 mois, donc jusqu’à fin Janvier 2010. Ils sont  logés au foyer Don Bosco où nous sommes, dans les chambres réservées aux professeurs et profitent des facilités de notre cuisine le soir, et mangent à la communauté à midi. On apprend à se connaître… Ils sont là pour mettre en place du matériel au collège Don Bosco, ils visitent les autres établissements catholiques partenaires du projet. Avec les jeunes du foyer, ils organisent des soirées cinéma avec vidéo projecteur. Ils ont fait déjà une semaine au Mali pour aider le lycée professionnel salésien, ils en sont revenus exténués tant ils avaient travaillé, juste de la fatigue, du manque de sommeil et de légères indispositions gastriques. Ils se sont achetés une belle 125 cm3 chinoise, pour pouvoir être autonomes et se déplacer dans Korhogo (entre les établissements, les maquis et les boites de nuit…). Ces motos sont vraiment à très bas prix ici, dans la zone nord on ne paye pas de taxes pour l’instant…

Le projet SODEVIE a pris une plus grande dimension cet été depuis la rencontre avec Pierre Frégeac, animateur du Fond d’Action Saint Viateur, avec l’aide de qui nous avons expédié plus de 400 ordinateurs pour différents établissements. Ce matériel doit arriver en principe la semaine prochaine par bateau à Abidjan. Rémi, Alban et moi allons donc descendre prochainement pour les réceptionner et les dispatcher vers les établissements intéressés.  Notre souci actuel est de savoir comment nous allons pouvoir sécuriser le transport de ce matériel… 

Soeur Janine 

Nous parlions de sœur Janine, très entreprenante depuis 40 ans  dans le Nord de la Côte d’ivoire (Guillaume SORO, le premier ministre, l’appelle maman !) Toujours prête à rendre service et toujours disponible malgré une charge importante de travail, elle gère un centre pour handicapés mentaux à l’entrée de la ville et elle a mis en place une ferme agricole tenue par les malades. Nous avons visité le poulailler, quasi industriel (avec de belles poules dont nous achetons régulièrement les œufs), la porcherie très propre et le champ d’une dizaine d’ha avec différentes cultures vivrières. Elle s’intéresse aussi à un arbuste le Moringa, qui a de nombreuses vertus et dont les feuilles peuvent apporter des protéines pour les animaux et même être incorporés dans les sauces pour les humains. Elle espère ainsi améliorer l’alimentation des animaux mais aussi de ses patients. Actuellement elle nous aide à prendre contact avec son petit Guillaume pour sécuriser le convoi d’ordinateurs et de livres. Arriverons-nous à le convaincre de nous aider, suite au prochain numéro !!! 

ZIMAKO et ses jumeaux !!!

Nous ne présenterons pas nos amis de l’UGAN, nous en avons déjà longuement parlé.  Zimako (Ibrahima pour ceux qui le connaissent à Artisans du Monde) qui nous a fait découvrir les villages pendant l’année 2008-2009, a fait cet été un long séjour en Suisse et en France avec son ami Koko pour la promotion de leur artisanat. Je ne raconterai pas son voyage à Valence, nous n’y étions pas, mais il en est rentré très content. L’accueil d’ADM Valence a été vraiment exceptionnel !

A son retour, sachant que lui et sa femme avait eu deux jumeaux dans l’été, nous sommes allés leur rendre visite au village. Deux beaux bambins de 3 mois !!

Avec Fofana, le secrétaire général de l’UGAN nous avons pu apprécier l’avancement des travaux de rénovation de leur salle d’exposition qui avait brûlé en 2004. C’est la GTZ, grande organisation de coopération allemande, qui a pris en charge financièrement les travaux. Il reste maintenant à l’aménager et à faire de la publicité pour attirer les acheteurs. Venez nombreux à Korhogo, et après une étape à l’UGAN, en compagnie de notre guide exceptionnel de gentillesse qu’est Zimako, vous découvrirez les villages de tisserands, de peintres… en moto !!! 

 

Vacances de Toussaint

Durant notre semaine de vacances de Toussaint, nous sommes allés visiter le beau village touristique de Niofoin (où a été tourné un film), en compagnie d’une de nos élèves et de son papa qui nous a conduit avec sa vieille Mercédès jusqu’au village. Nous avons rencontré sa famille, surtout sa grand-mère, ses vieilles tantes. Nous avons apprécié la gentillesse de l’accueil dans les cases rondes. Nous avons été surpris par leur grenier à riz  évasé vers le haut et nous avons tenté de visiter et de prendre des photos de la maison des fétiches mais malgré la négociation et l’accord du chef du village, et après encore quelques palabres avec un responsable de la maison des fétiches, nous n’avons eu que le droit d’en faire le tour.  Donc pas de photos et pas d’explication non plus sur la signification des formes de serpent, de singe, de varan qui sont gravés sur le mur de la case… 

  

Visite à FAKAHA

Aujourd’hui nous avons repris notre moto avec Zimako, et Rémi et Alban sur la leur. Nous avons visité les peintres sur toiles de Fakaha. Et oui, il n’y a pas mieux que de découvrir le pays en moto sur les pistes pleines de trous, de vraies petites mares, mais parfois c’est quelque peu sportif tant les pistes sont défoncées à la fin de la saison des pluies. Le matin, il faisait frais, l’après midi, la saison sèche ayant commencé, nous avons eu un peu chaud …La saison des pluies s’est un peu prolongée cette année (dérèglement climatique ?), ce qui est une bonne chose pour ceux qui ont planté leur maïs un peu tard, mais pas très bon pour le coton qui est déjà fleuri… 

  

Prochainement nous vous raconterons donc nos péripéties de la remontée de notre matériel du projet SODEVIE. Nous savons parfaitement que cela va être riche d’enseignement sur la situation de ce pays. Je vous invite si vous êtes intéressés par l’expérience à attendre Décembre pour en savoir plus, nous vous raconterons par le détail les multiples péripéties de ce fabuleux projet.

 

Notre vie ici bien remplie ne nous empêche pas de penser à chacun d’entre vous. Vous habitez nos pensées et êtes présents par vos petits messages. Merci beaucoup !

 

PS. Nous avons un petit chat, très joueur ! 
Par SylPat - Publié dans : nos decouvertes
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 16:40

Korhogo, le 6 septembre 2009

 

Après un été bien rempli, nous sommes de retour « chez nous » à Korhogo depuis quelques jours, contents de retrouver tous ceux que nous avions laissés ici et de redémarrer les cours à partir du 14 septembre.

Merci à vous tous que nous avons pu voir cet été en France pour les échanges et les bons moments passés ensemble !

 

 

 

Korhogo, mercredi 17 juin 2009

 

Le temps du bilan de la 1ère année scolaire

 

Avant dernier bulletin avant la fin de cette première année ivoirienne. L’année scolaire s’achève, nos petits secondes et nos premières ont achevés leur année, les terminales révisent, c’est l’heure d’un premier bilan de nos découvertes comme de nos rencontres avec les korhogolais.

 

Fin d’école, demandes d’arrangements entre amis !!!

 

Après une petite fête le vendredi 29 Mai avec célébration, match de foot et spectacles, nous avons donc arrêté les cours et les notes. Nous avons pris avec humour mais aussi refusé avec autorité les petits arrangements demandés par les élèves pour relever telle ou telle note. Puis nous venons de finir les conseils de classes où il a bien fallu arranger un peu quelques moyennes pour éviter trop d’exclusions ou de redoublements. Mais au final, tout s’est bien déroulé. Les enfants sont pour trois longs mois en vacances, certains sont un peu désoeuvrés !

 

Rencontres :

Nous en avons donc profité pour inviter quelques amis à notre table : Joseph notre cuisinier et sa femme ; Jonas le gardien du collège (et sa femme) qui nous a fait découvrir son champ et les cérémonies traditionnelles de funérailles dans son village ; Robert, prof de français et d’anglais, partant à la retraite avec Hassa aussi jeune retraité, malien qui nous parle de son pays que nous allons visiter prochainement.Robert et Hassa enseignent depuis 25 ans à don Bosco. Et ce week end nous accueillerons toute l’équipe pédagogique.

Par ces partages nous prenons le temps de comprendre un peu plus l’âme de l’Afrique de l’ouest. Le pays sénoufo est très pétri de ces traditions. Les pluies tardent à venir, c’est normal, c’est la fin du temps des funérailles et les « poromen » bloquent les pluies pour ne pas gâcher les fêtes, tant pis pour les paysans !!!

Sylvie, grâce à Jonas et avec l’aide de Bernadette, connaît dorénavant les étapes de fabrication du beurre de karité et a mis la main à la pâte ! C’est dur et demande beaucoup de travail.

 

Premier bilan de notre année ivoirienne :

En premier lieu, nous avons beaucoup aimé les enfants, ils sont directs, souvent bouillants mais très respectueux des professeurs. Ils ont envie d’apprendre, souvent ils veulent tous passer au tableau en même temps, sauf pour les 1ères A (littéraires) pour qui les Maths et la Physique ne sont pas leurs matières favorites. Mais les secondes sont encore vifs et toutes les filles de 2nde A  voulaient passer au tableau même si elles n’y comprenaient rien mais elles avaient l’impression qu’une fois au tableau elles comprendraient mieux !!! On a bien eu à gérer quelques crêpages de chignon ou « palabres » entre eux mais nous avons pu canaliser de manière non-violente tous ces petits conflits. Du côté de la compréhension de leur langage franco-ivoirien, au début nous avions quelques difficultés à les comprendre car soit ils parlent très vite en oubliant de prononcer les articles, soit ils parlent avec des voix basses et on ne les entend pas. Voici quelques expressions typiques ivoiriennes qui reviennent souvent :

 

 

Ils demandent souvent les nouvelles, ainsi, pour les salutations,il disent souvent :

« On dit quoi ? »

« Comment vas-tu ? » et on répond généralement

« on dit  rien »

« Pas de nouvelles »

« Bon, on va vous demander la route »

« Bon, On vous demande la permission de partir » et vous répondez :

«on vous donne la moitié de la route »

Pour signifier le plaisir de vous revoir.

 

 

« quitte là » ou « faut quitter »

«casse-toi »  ou « pousse-toi de  là »  mais en plus gentil qu’en argot français.

« ça me fatigue »

Peut signifier soit ça me fatigue, soit j’aime beaucoup

« je vais le chauffer »

« je vais l’engueuler »

 

 

« la pluie m’a chicoté »

La pluie m’a bien mouillé, m’a frappé

« ça v’ aller , C’est Dieu qu’est fort »

 

«la mobylette est gâtée ! »

Signifie qu’elle est en panne

Attacher la pluie

Le paysan va arrêter, détourner la pluie

Faire palabres

On va discuter sous-entendu, ça va chauffer

« Je vais envoyer mon cahier »

Amener, apporter avec soi

 

 

Mais c’est surtout dans la manière de le dire avec les intonations propres qui rendent succulentes ces expressions du quotidien.

 

Le voyage au Burkina et au Mali.

Et nous finirons l’année par notre fabuleux voyage en Terres burkinabé et malienne.

Hormis les transports éprouvants dans des autobus en mauvais état, nous avons découvert la ville de Bobo, le pays Dogon, la ville de Djenné et les alentours de Sikasso.

A 8h le 23 juin nous sommes à la gare routière de Korhogo, en partance pour Bobo Dioulasso au Burkina. Mais nous voyons le car partir vide et nous finissons par apprendre qu’il y a problème de « ressort » c’est à dire d’amortisseur…donc, après quelques heures d’attente et beaucoup de patience, il est 13 h lorsque nous prenons la route vers la frontière burkinabé, route pleine de gros trous (ce qui explique que les amortisseurs trinquent !!) Nous avons mis 1h30 pour faire 40 km, pas mal et nous sommes arrivés finalement à Bobo vers 21h ! 

Yann notre ami DCC à Bobo nous accueille très gentiment et nous avons pu visiter la ville, propre, son vieux quartier, sa vieille mosquée et le musée des instruments de musique. Il faudrait y rester plus longtemps car la ville est immense et il y a beaucoup à découvrir. Mais nous devions le 26 Juin partir randonner en pays Dogon. Nous prenons donc un car le 25 Juin au matin pour rallier Bandiagara le chef lieu du pays Dogon (ville de Moussa TEMBELY, un ancien élève de l’UJF) Nous prenons à 7h du matin un bon autobus (c’est meilleur au Burkina). Après de multiples péripéties dont on vous passe les détails, on arrive finalement vers 23h30 après avoir fait environ 700 km.

Le lendemain matin nous quittons Sévaré  en vieille 404 break pour Bandiagara puis pour le plateau dogon. Nous commençons par une petite marche d’approche du premier village BEGNEMATO, inaccessible en voiture, et sans électricité. Ce beau village est perché dans une caldera magnifique. Il comprend trois quartiers : musulman, chrétien et animiste, mais seul le quartier chrétien se visite.

Il tombe une petite pluie, comme si nous l’avions amenée avec nous. C’est un peu la fête, malgré la fraîcheur, car c’est bon pour les cultures.

Historiquement, les Dogons se sont cachés dans la falaise pour échapper aux envahisseurs, et aux animaux sauvages .Dans le village de Nombori, au pied de la falaise, nous avons pu voir dans la falaise les anciennes habitations des Tellems, présents avant les Dogons, chasseurs, chassés ou ayant quitté suite au défrichage de la forêt.

Nous constatons que les femmes passent leur temps entre aller chercher de l’eau au bas du village et faire la cuisine. Elles ont la vie dure. Les hommes eux doivent cultiver mais il faut attendre la pluie. En pays dogon, la pluie vient entre Juillet et Septembre, 3 mois dans l’année !! Les champs sont très soignés. Il y a souvent peu de terre, il faut l’amener sur les rochers.

Les dogons sont accueillants, ils ont l’habitude de voir de nombreux blancs, donc les tous petits enfants ne sont pas effrayés… Nous dormons sur les toits en terrasse après avoir installé notre moustiquaire. C’est sympa, mais pas très intime… Ils ne semblent pas à plaindre car il y a un réel engouement des occidentaux pour ce pays, donc il y a beaucoup d’ONG qui les aident. Nous avons fait plusieurs rencontres avec des jeunes qui nous ont parlé de leur vie, de leurs espoirs…

Après nous allons visiter MOPTI en espérant voir la confluence entre le Niger et le Bani. Très beau au coucher du soleil malgré le niveau de l’eau très bas à cette saison. On vous recommande l’hôtel « Yapasdeproblème» tenu par des français et dogons, prix abordable, piscine, bons repas et bon accueil et là il y a pas de problème !

Puis nous gagnons DJENNE une des plus anciennes villes du Mali, du VIIIème  siècle, très tôt islamisé. Nous visitons avec un jeune prof d’anglais Lassine dit « l’historien ». Nous parcourons les ruelles étroites de la ville, il nous fait apprécier les différences de façades des maisons soudanaises, marocaines ainsi que la belle mosquée en banco. Nous passons devant les nombreuses petites écoles coraniques et les fêtes de quartier. Beaucoup essayent de vivre du tourisme, il nous faut être perspicace pour bien choisir son guide ou les vendeurs d’artisanat…

Le lendemain nous reprenons un car pour SIKASSO après un départ très mouvementé en taxi moto, traversée en pirogue, crevaison etc…, Après une journée de car, nous sommes accueillis par nos amis salésiens du centre de formation professionnelle Don Bosco. Frère Justin nous prend en charge et nous fait visiter les environs de SIKASSO (cascade et grottes) et malgré son travail important le directeur de la communauté Antonio nous fait visiter le centre SENOUFO du Père blanc Emilio ESCUDERO (vraiment à faire connaître).

Le lendemain vendredi 2 Juillet, nous arrivons à Korhogo après plus de 9 heures dans un pauvre autobus pour 300 km. Côté Côte d’Ivoire la route jusqu’à FERKE est épouvantable. Nous avons sur 11 jours de voyage, 4 en bus, dur dur !!!

Par SylPat
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